Avec 330 millions d'euros investis dans le programme Euratom 2026-2027, l'Europe a affiché vendredi son ambition de devenir la première puissance à raccorder une centrale à fusion nucléaire au réseau électrique.

La Commission européenne lance un plan à 330 millions d'euros pour accélérer la fusion nucléaire en Europe. © barmalini / Shutterstock
La Commission européenne lance un plan à 330 millions d'euros pour accélérer la fusion nucléaire en Europe. © barmalini / Shutterstock

La Commission européenne a officialisé, ce 19 mars 2026, le programme Euratom 2026-2027 et ses 330 millions d'euros dédiés à la recherche nucléaire. L'argent se divise entre deux grandes familles. Il y a, d'un côté, la fusion, cette technologie qui imite le soleil pour produire de l'électricité propre, et de l'autre, la fission, qui alimente déjà nos centrales aujourd'hui. L'objectif à long terme est historique pour l'Europe. Il s'agit d'être les premiers au monde à brancher une centrale à fusion sur le réseau, et pour y arriver, le Vieux continent mise sur une alliance entre laboratoires, industriels et start-up.

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L'Europe veut être la première à raccorder une centrale à fusion au réseau électrique

Environ deux tiers du budget, soit 222 millions d'euros, sont entièrement consacrés à la fusion nucléaire, vers la recherche et le développement. Derrière ce chiffre, l'Union veut montrer qu'elle peut être capable de jouer dans la cour des grands de l'énergie propre. L'objectif est de raccorder la toute première centrale à fusion commerciale au réseau électrique européen, et fournir ainsi une énergie décarbonée, abordable et sûre à ses citoyens.

Pour y parvenir, l'Europe lance quelque chose d'inédit, avec un partenariat entre acteurs publics et entreprises privées, entièrement dédié à la fusion. L'idée est de faire travailler ensemble chercheurs et industriels pour que les avancées scientifiques ne restent pas enfermées dans les labos, mais débouchent sur de vraies technologies. Les start-up et PME du secteur ont aussi leur place, puisqu'elles pourront décrocher des financements européens pour développer leurs innovations et attirer des investisseurs privés.

Ce programme s'inscrit dans une série de décisions politiques récentes, dont la stratégie européenne sur les petits réacteurs modulaires, ces centrales nucléaires compactes et plus flexibles que les modèles traditionnels, présentée par la présidente von der Leyen à Paris le 10 mars dernier, mais dont le modèle économique peine encore à convaincre. Le fil conducteur de tout ça ? L'Europe veut produire elle-même son énergie propre, sans dépendre de l'extérieur, et le nucléaire est clairement l'un de ses atouts maîtres pour y parvenir.

Fission, médecine et talents : l'autre face, moins spectaculaire mais tout aussi stratégique, du programme Euratom

Les 108 millions d'euros restants seront consacrés à la fission nucléaire, la technologie qui fait tourner nos centrales aujourd'hui. Concrètement, l'argent servira à améliorer la gestion des déchets radioactifs, renforcer la sécurité des réacteurs existants et accélérer le développement des SMR. L'Europe confirme qu'elle ne veut pas abandonner son parc nucléaire actuel au profit des technologies de demain, elle veut avancer sur les deux fronts simultanément.

Le programme finance aussi un domaine qu'on n'attendait pas forcément ici : la médecine. Certains traitements contre le cancer reposent par exemple sur des isotopes radioactifs, des substances produites dans des réacteurs nucléaires et injectées dans le corps pour cibler les cellules malades. Le problème reste que l'Europe en importe une grande partie de l'étranger. Bruxelles veut corriger ça en finançant des recherches pour produire ces isotopes en Europe, et ne plus dépendre d'approvisionnements extérieurs pour des traitements aussi vitaux.

Une grande ambition technologique ne vaut rien sans les femmes et les hommes pour la concrétiser. Le programme Euratom l'a bien compris et prévoit donc des bourses de recherche pour attirer des scientifiques du monde entier, et leur ouvrir les portes de plus de 230 laboratoires et infrastructures nucléaires en Europe. Détail à noter, les chercheurs ukrainiens sont inclus dans le dispositif, avec un accès facilité à l'espace de recherche européen, un signal fort, dans le contexte actuel.